Sciences de l'Ingénieur · Bac Sciences et Technologies Mécaniques

Procédés d'Obtention des Pièces — Fonderie, Forgeage, Soudage

Comment une pièce mécanique passe de la matière brute à sa forme finale : trois grandes familles de procédés, et comment choisir entre elles.

Objectifs d'apprentissage

  • Décrire le principe de la fonderie : fusion, coulée dans un moule, solidification et démoulage
  • Décrire le principe du forgeage : mise en forme par déformation plastique à chaud ou à froid
  • Décrire les principaux procédés de soudage (soudage à l'arc, soudage TIG/MIG) et leur principe d'assemblage par fusion locale
  • Comparer fonderie, forgeage et usinage selon la géométrie, la sollicitation mécanique et la taille de série
  • Identifier les défauts caractéristiques de chaque procédé (retassures et porosités en fonderie, criques en forgeage, zone affectée thermiquement en soudage)
  • Justifier le choix d'un procédé d'obtention à partir d'un cahier des charges

Formules et résultats clés

Fonderie

Le métal est fondu (porté à l'état liquide), coulé dans un moule qui reproduit la forme de la pièce en creux, puis se solidifie par refroidissement avant démoulage. Procédé adapté aux formes complexes et aux grandes séries (moule réutilisable), mais qui peut produire des défauts internes : retassures (cavités dues au retrait de volume pendant la solidification) et porosités (bulles de gaz emprisonnées).

Forgeage

Le métal, resté à l'état solide (le plus souvent chauffé pour être plus malléable), est mis en forme par déformation plastique sous l'effet de forces de compression (marteau-pilon, presse, matrice). Contrairement à la fonderie, le forgeage oriente et affine la structure des grainsselon le sens des efforts, ce qui donne des pièces mécaniquement plus résistantes, en particulier à la fatigue — d'où son usage pour les organes fortement sollicités (vilebrequins, bielles, engrenages).

Soudage

Assemblage permanent de deux pièces métalliques par fusion locale de la matière au niveau du joint (soudage à l'arc électrique, procédés TIG/MIG), avec ou sans métal d'apport. La zone chauffée puis refroidie autour du cordon (zone affectée thermiquement) peut présenter des propriétés mécaniques différentes du métal de base ; les aciers fortement alliés nécessitent souvent un préchauffage et/ou un recuit de détente après soudage pour limiter le risque de fissuration.

Critères de choix

Le choix d'un procédé dépend de la géométrie de la pièce, du niveau de sollicitation mécanique attendu, de la taille de série et du coût de l'outillage (moule, matrice) amorti sur le nombre de pièces produites.

Erreurs fréquentes

1

Croire que la fonderie et le forgeage donnent des pièces mécaniquement équivalentes à géométrie identique : le forgeage oriente et affine la structure des grains selon les efforts, ce qui rend la pièce forgée nettement plus résistante qu'une pièce coulée de même forme.

2

Penser que le forgeage se fait uniquement à froid : il se pratique le plus souvent à chaud (le métal chauffé est plus malléable et demande moins d'effort de mise en forme), même si le forgeage à froid existe pour certaines applications de précision.

3

Oublier que le soudage crée une zone affectée thermiquement autour du cordon, dont les propriétés mécaniques (dureté, ductilité) diffèrent du métal de base — ce n'est pas une simple « collure » sans conséquence métallurgique.

4

Confondre les défauts de fonderie (retassures dues au retrait de solidification, porosités dues à des gaz emprisonnés) avec les défauts de forgeage (criques dues à une déformation excessive ou une température de forgeage mal maîtrisée).

5

Choisir systématiquement l'usinage à partir de brut par réflexe, sans comparer les séries : pour de grandes séries de pièces complexes, la fonderie ou le forgeage sont souvent plus économiques malgré leur investissement initial en outillage (moule, matrice).

Exemple corrigé — Choisir un procédé d'obtention

Énoncé

Un carter de boîte de vitesses a une géométrie complexe (cavités internes, nervures) mais n'est pas soumis à de fortes sollicitations mécaniques directes (il enveloppe et protège les engrenages, sans transmettre lui-même les efforts de transmission). Il doit être produit en grande série. Quel procédé d'obtention choisir ?

Correction

La fonderie est le procédé adapté : la géométrie complexe (cavités, nervures) est difficile voire impossible à obtenir par forgeage, qui impose des formes plus simples issues de la déformation plastique d'une matrice. Comme le carter n'est pas fortement sollicité mécaniquement, l'amélioration de résistance apportée par le forgeage n'est pas nécessaire ici.

De plus, la grande série amortit le coût du moule de fonderie sur un grand nombre de pièces, rendant le procédé économiquement avantageux malgré l'investissement initial en outillage.

3 exercices pour t'entraîner

Exercice 1

Facile

Citer les trois grandes étapes du procédé de fonderie, dans l'ordre.

Voir la correction

  1. Fusion du métal jusqu'à l'état liquide. 2) Coulée du métal liquide dans un moule qui a la forme (en creux) de la pièce désirée. 3) Solidification par refroidissement, puis démoulage (et éventuellement ébarbage des surplus de matière).

Exercice 2

Moyen

Une bielle de moteur (pièce fortement sollicitée en traction-compression répétée) doit être fabriquée en grande série. Entre la fonderie et le forgeage, lequel choisir, et pourquoi ?

Voir la correction

Le forgeage est le procédé adapté : la bielle est soumise à des efforts cycliques importants (fatigue), et le forgeage oriente la structure des grains dans le sens des sollicitations, ce qui améliore fortement la résistance à la fatigue et réduit le risque de rupture par rapport à une pièce coulée. En grande série, le coût de la matrice de forgeage est également amorti sur le grand nombre de pièces produites.

Exercice 3

Difficile

Deux plaques d'acier fortement allié doivent être assemblées par soudage à l'arc. Expliquer pourquoi un préchauffage avant soudage est recommandé, et ce qui se passerait en son absence.

Voir la correction

Sans préchauffage, le métal proche du cordon subit un refroidissement très rapide après la fusion locale du soudage, ce qui peut produire localement une structure dure et fragile (proche d'une trempe non désirée) dans la zone affectée thermiquement, avec un risque élevé de fissuration à froid, en particulier pour les aciers fortement alliés ou à forte teneur en carbone. Le préchauffage réduit l'écart de température entre le cordon et les pièces assemblées, ralentit la vitesse de refroidissement après soudage, et limite ainsi la formation de structures fragiles et les contraintes résiduelles — un recuit de détente après soudage peut compléter ce traitement pour relâcher les contraintes restantes.

3 exercices, c'est un début.

Orka en génère autant que tu veux sur ce chapitre, à ton niveau, avec correction détaillée étape par étape.

Continue gratuitement sur Orka

Va plus loin sur ce chapitre

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre fonderie et forgeage ?

En fonderie, le métal est porté à l'état liquide puis coulé dans un moule dont il épouse la forme en se solidifiant — le procédé convient à des formes complexes, en une seule étape, mais les pièces coulées ont une structure de grains plus grossière et peuvent contenir des défauts internes (retassures, porosités). En forgeage, le métal reste à l'état solide (souvent chauffé pour être plus malléable) et est mis en forme par déformation plastique sous l'effet de forces de compression (marteau-pilon, presse). Le forgeage aligne et affine la structure des grains dans le sens des efforts, ce qui donne des pièces mécaniquement plus résistantes et plus fiables sous sollicitations sévères — d'où son usage pour les pièces critiques (vilebrequins, bielles, engrenages fortement chargés).

Pourquoi certains aciers sont-ils difficiles à souder ?

Le soudage chauffe localement le métal jusqu'à la fusion puis le laisse refroidir rapidement. Pour les aciers à forte teneur en carbone ou fortement alliés, ce refroidissement rapide au voisinage du cordon de soudure (zone affectée thermiquement) peut produire une structure dure et fragile, proche de celle obtenue par trempe, avec un risque de fissuration à froid. C'est pourquoi ces aciers nécessitent souvent un préchauffage avant soudage et un traitement thermique après soudage (recuit de détente) pour limiter les contraintes résiduelles et retrouver une microstructure plus ductile.

Comment choisir entre fonderie, forgeage et usinage à partir de brut laminé pour produire une pièce ?

Le choix dépend de la géométrie, de la sollicitation mécanique et de la série. La fonderie convient aux formes complexes (carters, corps de pompe) et aux grandes séries où un moule réutilisable amortit son coût. Le forgeage est réservé aux pièces fortement sollicitées mécaniquement où la résistance obtenue par l'orientation des grains est déterminante (organes de transmission, pièces de sécurité). Partir d'un brut laminé pour usiner directement la pièce est pertinent pour des petites séries, des géométries simples ou des pièces prototypes, mais génère plus de perte de matière (copeaux) et ne bénéficie pas de l'amélioration structurale apportée par le forgeage.