Sciences de l'Ingénieur · Bac Sciences et Technologies Électriques

Accouplements, Embrayages, Freins et Réducteurs

Transmettre, moduler et arrêter la puissance mécanique entre deux arbres : accouplements, embrayages, freins et réducteurs à engrenages.

Objectifs d'apprentissage

  • Décrire le rôle d'un accouplement : transmettre un couple en continu entre deux arbres, en compensant d'éventuels défauts d'alignement
  • Distinguer accouplement rigide et accouplement élastique
  • Décrire le rôle d'un embrayage : engager ou désengager à volonté la transmission de couple entre deux arbres, y compris en rotation
  • Décrire le rôle d'un frein : dissiper l'énergie cinétique d'un système pour le ralentir ou l'immobiliser
  • Calculer le rapport de réduction d'un réducteur à engrenages et l'exploiter pour relier les vitesses d'entrée et de sortie
  • Exploiter la conservation de la puissance mécanique (aux pertes près) à travers un réducteur pour en déduire la relation entre couples d'entrée et de sortie
  • Distinguer réducteur (rapport de réduction inférieur à 1, réduit la vitesse et augmente le couple) et multiplicateur (rapport supérieur à 1)

Formules et résultats clés

Accouplement

Un accouplement relie de façon permanente deux arbres en rotation pour transmettre un couple en continu. Un accouplement rigide les relie sans aucun jeu ; un accouplement élastiquetolère un léger défaut d'alignement ou amortit les à-coups de couple grâce à un élément déformable (caoutchouc, ressort).

Embrayage

Un embrayage permet d'engager ou de désengagerà volonté la transmission de couple entre deux arbres, y compris pendant que l'un tourne déjà — une possibilité qu'un simple accouplement n'offre pas.

Frein

Un frein dissipel'énergie cinétique d'un système en rotation ou en translation, généralement sous forme de chaleur par frottement, pour le ralentir ou l'immobiliser. Cette énergie n'est pas restituée (hors cas particulier du freinage électrique récupératif).

Réducteur — rapport de réduction

k=NsNe=ωsωek = \dfrac{N_s}{N_e} = \dfrac{\omega_s}{\omega_e}

Avec Ne (ou ωe) la vitesse d'entrée et Ns (ou ωs) la vitesse de sortie. Un réducteur a $k < 1$ (réduit la vitesse) ; un multiplicateura $k > 1$ (augmente la vitesse).

Conservation de la puissance

$C_e,\omega_e = C_s,\omega_s \ \Longrightarrow \ C_s = \dfrac{C_e}{k}\quad\text{(réducteur idéal)}

Un réducteur idéal conserve la puissance mécanique transmise : réduire la vitesse dans un rapport k impose d'augmenter le couple dans le rapport inverse (1/k). Un réducteur réel introduit un rendement η < 1, qui réduit d'autant le couple de sortie réellement disponible : $C_s = \\eta\\,C_e/k$.

Erreurs fréquentes

1

Confondre accouplement (liaison permanente entre deux arbres, toujours en prise) et embrayage (liaison qui peut être engagée ou désengagée à volonté, y compris en rotation).

2

Oublier que la puissance se conserve globalement à travers un réducteur (aux pertes près) : si la vitesse de sortie diminue, le couple de sortie augmente dans la proportion inverse.

3

Se tromper de convention pour le rapport de réduction : toujours vérifier s'il est défini comme (vitesse de sortie / vitesse d'entrée), généralement inférieur à 1 pour un réducteur, avant de faire un calcul.

4

Croire qu'un frein mécanique classique stocke l'énergie cinétique qu'il absorbe — il la dissipe en chaleur par frottement, sans la restituer (sauf cas particulier du freinage électrique récupératif).

5

Oublier que le couple de sortie d'un réducteur augmente exactement dans le rapport inverse de la réduction de vitesse (au rendement près) — un réducteur ne peut pas réduire à la fois la vitesse et le couple à partir d'une même puissance d'entrée.

Exemple corrigé — Choisir un réducteur pour un moteur d'entraînement

Énoncé

Un moteur asynchrone tourne à Ne=1450 tr/minN_e = 1450\ \text{tr/min} et délivre un couple Ce=6 N\cdotpmC_e = 6\ \text{N·m}. On souhaite entraîner un tapis roulant nécessitant une vitesse Ns=145 tr/minN_s = 145\ \text{tr/min}. 1) Calculer le rapport de réduction k nécessaire. 2) Calculer le couple de sortie disponible, pour un réducteur idéal. 3) Ce réducteur est-il un réducteur ou un multiplicateur ?

Correction

1) k=NsNe=1451450=0,1k = \dfrac{N_s}{N_e} = \dfrac{145}{1450} = 0{,}1.

2) Cs=Cek=60,1=60 N\cdotpmC_s = \dfrac{C_e}{k} = \dfrac{6}{0{,}1} = 60\ \text{N·m}.

3) Comme k=0,1<1k = 0{,}1 < 1, c'est bien un réducteur : il réduit la vitesse d'un facteur 10 et multiplie le couple par 10 en conséquence.

3 exercices pour t'entraîner

Exercice 1

Facile

Un réducteur reçoit en entrée une vitesse Ne=1500 tr/minN_e = 1500\ \text{tr/min} et délivre en sortie Ns=150 tr/minN_s = 150\ \text{tr/min}. Calculer le rapport de réduction k=Ns/Nek = N_s/N_e.

Voir la correction

k=NsNe=1501500=0,1k = \dfrac{N_s}{N_e} = \dfrac{150}{1500} = 0{,}1. C'est bien un réducteur puisque k<1k < 1.

Exercice 2

Moyen

Le réducteur de l'exercice précédent (k=0,1k = 0{,}1) est considéré idéal (sans pertes). Il reçoit en entrée un couple Ce=8 N\cdotpmC_e = 8\ \text{N·m}. Calculer le couple de sortie CsC_s.

Voir la correction

Pour un réducteur idéal, la puissance se conserve : Ceωe=CsωsC_e\,\omega_e = C_s\,\omega_s, donc Cs=Cek=80,1=80 N\cdotpmC_s = \dfrac{C_e}{k} = \dfrac{8}{0{,}1} = 80\ \text{N·m} — le couple est multiplié par 10, exactement l'inverse du rapport de réduction de la vitesse.

Exercice 3

Difficile

Un réducteur réel a un rapport de réduction k=0,2k = 0{,}2 et un rendement η=0,9\eta = 0{,}9 (10% de pertes par frottement dans les engrenages). Il reçoit un couple d'entrée Ce=15 N\cdotpmC_e = 15\ \text{N·m}. Calculer le couple de sortie réel CsC_s, et le comparer au couple qu'on obtiendrait avec un réducteur idéal de même rapport.

Voir la correction

Avec un réducteur idéal, on aurait Cs,ideˊal=Cek=150,2=75 N\cdotpmC_{s,idéal} = \dfrac{C_e}{k} = \dfrac{15}{0{,}2} = 75\ \text{N·m}. Avec un rendement η=0,9\eta = 0{,}9, une partie de la puissance est perdue par frottement : Cs=ηCek=0,9×75=67,5 N\cdotpmC_s = \eta\,\dfrac{C_e}{k} = 0{,}9 \times 75 = 67{,}5\ \text{N·m}. Le couple de sortie réel est donc inférieur de 7,5 N\cdotpm7{,}5\ \text{N·m} à la valeur idéale, cette différence correspondant à la puissance dissipée par les pertes mécaniques du réducteur.

3 exercices, c'est un début.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un accouplement et un embrayage ?

Un accouplement relie de façon permanente deux arbres en rotation : il transmet le couple en continu, et sa seule fonction supplémentaire éventuelle est de compenser un léger défaut d'alignement entre les deux arbres (accouplement élastique) ou de les relier rigidement (accouplement rigide). Un embrayage, au contraire, permet d'engager ou de désengager la transmission du couple à volonté, y compris pendant que l'un des deux arbres tourne déjà — c'est cette possibilité de désaccoupler qui le distingue fondamentalement d'un simple accouplement.

Un frein stocke-t-il l'énergie cinétique qu'il absorbe ?

Non, dans le cas général : un frein mécanique classique (à disque, à tambour) dissipe l'énergie cinétique du système qu'il ralentit sous forme de chaleur, par frottement, sans la restituer. Cette énergie est donc définitivement perdue pour le système. Il existe cependant un cas particulier, le freinage récupératif (utilisé par exemple sur des véhicules électriques), où le moteur électrique fonctionne temporairement en génératrice pour reconvertir une partie de l'énergie cinétique en énergie électrique réutilisable — mais ce n'est pas le principe d'un frein mécanique ordinaire.

Pourquoi un réducteur multiplie-t-il le couple en réduisant la vitesse ?

Un réducteur idéal (sans pertes) conserve la puissance mécanique transmise entre son entrée et sa sortie : Pe = Ps, soit Ce·ωe = Cs·ωs. Si le rapport de réduction abaisse la vitesse angulaire de sortie ωs par rapport à l'entrée ωe, alors, pour que le produit couple×vitesse reste égal des deux côtés, le couple de sortie Cs doit nécessairement augmenter dans la même proportion inverse. C'est un compromis physique incontournable : on ne peut pas obtenir à la fois une vitesse réduite et un couple réduit à partir d'une même puissance d'entrée.