Français · Bac Sciences Humaines

Le Dernier Jour d'un Condamné — Victor Hugo

Le journal intime d'un condamné à mort anonyme : un plaidoyer bouleversant de Victor Hugo contre la peine de mort.

Objectifs d'apprentissage

  • Identifier l'auteur, le genre et le contexte de publication de l'œuvre
  • Résumer la structure du récit (journal intime des derniers jours d'un condamné)
  • Expliquer le projet argumentatif de Victor Hugo : un plaidoyer contre la peine de mort
  • Analyser les procédés d'écriture qui suscitent l'empathie du lecteur (première personne, temps réel, anonymat)
  • Repérer et analyser des passages clés pour un commentaire ou un sujet de dissertation

L'œuvre en un coup d'œil

Auteur : Victor Hugo, publié anonymement en 1829.

Genre : roman à la première personne, sous forme de journal intime.

Résumé : un condamné à mort, dont le nom et le crime restent inconnus, tient le journal de ses dernières semaines de vie, de sa condamnation à l'approche de son exécution, décrivant l'angoisse croissante et la déshumanisation qu'il subit.

Thèmes et projet de l'œuvre

Plaidoyer contre la peine de mort, dénonciation de la déshumanisation du condamné par le système judiciaire et carcéral, réflexion sur l'angoisse de la mort et le temps qui s'écoule inexorablement, portée universelle par l'anonymat volontaire du personnage.

Erreurs fréquentes

1

Chercher à identifier le crime du condamné ou son nom : Victor Hugo les laisse volontairement inconnus, un choix à interpréter plutôt qu'une lacune du texte.

2

Réduire l'œuvre à un simple récit de fiction, en oubliant sa dimension explicitement argumentative et militante (préface de 1832 où Hugo expose directement sa thèse abolitionniste).

3

Négliger le procédé narratif du journal intime écrit « en temps réel », qui installe le lecteur dans l'angoisse progressive du compte à rebours vécu par le condamné.

4

Oublier de situer l'œuvre dans le contexte plus large du combat de Victor Hugo contre la peine de mort, qui se poursuit tout au long de sa vie et de son œuvre.

5

Confondre plaidoyer (texte qui défend une cause, ici l'abolition de la peine de mort) et simple témoignage neutre — l'œuvre a une visée clairement persuasive.

Citation à analyser — corrigée

Citation

« Condamné à mort ! [...] Depuis cinq semaines je vis avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids ! »

Analyse corrigée

Cette phrase d'ouverture du roman personnifie la sentence de mort en une présence oppressante (« glacé de sa présence », « courbé sous son poids »), qui accompagne littéralement le narrateur à chaque instant. La répétition de l'adverbe « toujours » souligne l'omniprésence obsédante de cette pensée, qui envahit toute la conscience du condamné et abolit toute possibilité d'échapper, même un instant, à l'angoisse de la mort programmée. Cette citation, dès l'ouverture de l'œuvre, installe la tonalité du roman tout entier : celle d'une plongée psychologique dans l'expérience intime et insoutenable de l'attente de l'exécution, qui sert directement le projet de Victor Hugo de faire ressentir au lecteur, plutôt que de simplement démontrer, l'inhumanité de la peine de mort.

3 exercices pour t'entraîner

Exercice 1

Facile

Sous quelle forme narrative Victor Hugo choisit-il de raconter Le Dernier Jour d'un Condamné ?

Voir la correction

Sous la forme d'un journal intime à la première personne, tenu par le condamné lui-même durant ses dernières semaines avant son exécution.

Exercice 2

Moyen

Pourquoi Victor Hugo choisit-il de ne jamais révéler le nom du condamné ni la nature de son crime ?

Voir la correction

Ce choix permet à Victor Hugo de détourner l'attention du lecteur de la question de la culpabilité ou de la gravité du crime, pour la recentrer entièrement sur la condition humaine du condamné face à la mort. En anonymisant le personnage, Hugo universalise son propos : ce n'est pas seulement l'histoire d'un criminel particulier qu'il raconte, mais la condition de tout être humain confronté à l'exécution capitale, ce qui renforce la portée universelle de son plaidoyer contre la peine de mort.

Exercice 3

Difficile

En quoi la forme du journal intime en temps réel sert-elle le projet argumentatif de Victor Hugo contre la peine de mort ?

Voir la correction

En choisissant la forme du journal intime tenu « en temps réel » par le condamné, Victor Hugo place le lecteur au plus près de la conscience du personnage, lui faisant vivre de l'intérieur l'angoisse croissante, l'attente insupportable, et la déshumanisation progressive infligée par le compte à rebours de l'exécution. Ce procédé narratif, qui donne l'illusion d'assister en direct aux pensées et aux émotions du condamné, produit un effet d'empathie beaucoup plus puissant qu'un récit rétrospectif ou un plaidoyer purement argumentatif et abstrait : le lecteur ne juge plus le crime du personnage (dont il ignore d'ailleurs tout), mais ressent viscéralement l'horreur de la mise à mort programmée d'un être humain. C'est précisément cette stratégie de l'empathie par l'immersion narrative, plutôt qu'un simple raisonnement logique sur l'inefficacité ou l'injustice de la peine de mort, qui constitue la force persuasive de l'œuvre et qui explique son rôle dans le combat abolitionniste mené par Victor Hugo tout au long de sa vie.

3 exercices, c'est un début.

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Questions fréquentes

Quel est le genre du Dernier Jour d'un Condamné ?

Le Dernier Jour d'un Condamné est un roman à la première personne, publié anonymement par Victor Hugo en 1829, qui prend la forme du journal intime d'un condamné à mort durant ses dernières semaines de vie.

Quel est le projet de Victor Hugo dans cette œuvre ?

Victor Hugo cherche à faire ressentir au lecteur, de l'intérieur, l'angoisse et la déshumanisation vécues par un condamné à mort, dans un but explicitement militant : dénoncer la peine de mort comme une pratique barbare et inefficace, en suscitant l'empathie plutôt que le jugement moral sur le crime commis.

Pourquoi le narrateur et son crime restent-ils anonymes dans l'œuvre ?

Victor Hugo ne révèle ni le nom du condamné ni la nature de son crime, afin que le lecteur se concentre uniquement sur la condition humaine du condamné à mort, indépendamment de la gravité de sa faute — ce choix renforce la portée universelle du plaidoyer contre la peine de mort, applicable à n'importe quel condamné.