Sciences des Plantes et des Animaux · Bac Sciences Agronomiques

Entretien des Cultures

Irrigation, fertilisation d'entretien, désherbage et protection phytosanitaire : accompagner la culture jusqu'à la récolte.

Objectifs d'apprentissage

  • Identifier les principales opérations d'entretien d'une culture : irrigation, fertilisation d'entretien, désherbage, protection phytosanitaire
  • Calculer une dose d'irrigation nette à partir de l'évapotranspiration maximale (ETM) et des précipitations efficaces
  • Calculer une dose d'irrigation brute à partir de la dose nette et de l'efficience du système d'irrigation
  • Justifier le fractionnement de la fertilisation azotée selon les stades de développement de la culture
  • Distinguer désherbage mécanique et désherbage chimique et situer chacun dans un itinéraire technique
  • Distinguer lutte préventive et lutte curative en protection phytosanitaire

Formules et résultats clés

Le calcul d'une dose d'irrigation

La dose netted'irrigation correspond au besoin réel de la culture, déduction faite des précipitations déjà reçues :

Dose nette (mm)=ETMPreˊcipitations efficaces\text{Dose nette (mm)} = \text{ETM} - \text{Précipitations efficaces}

où l'ETM(évapotranspiration maximale) mesure la quantité d'eau que la culture consomme dans des conditions optimales. Comme aucun système d'irrigation n'est parfaitement efficient (pertes par percolation, ruissellement, évaporation), il faut apporter davantage que la dose nette :

Dose brute (mm)=Dose netteEfficience du systeˋme d’irrigation\text{Dose brute (mm)} = \dfrac{\text{Dose nette}}{\text{Efficience du système d'irrigation}}

Pour convertir une dose exprimée en millimètres en volume par hectare, on utilise l'équivalence 1 mm sur 1 ha = 10 m³.

Fertilisation d'entretien

Contrairement à la fertilisation de fond (apportée avant semis), la fertilisation d'entretien accompagne la culture pendant son cycle. L'azote, très mobile et sujet au lessivage, est généralement fractionnéen plusieurs apports synchronisés avec les stades de forte demande de la plante, pour maximiser son efficience d'utilisation.

Désherbage et protection phytosanitaire

Le désherbage peut être mécanique (binage, sarclage) ou chimique (herbicides). La protection phytosanitaire contre les ravageurs et maladies distingue la lutte préventive (rotation des cultures, variétés résistantes, surveillance et seuils d'intervention) de la lutte curative, qui intervient après l'apparition de symptômes ou d'une infestation avérée.

Erreurs fréquentes

1

Confondre dose nette et dose brute d'irrigation : la dose brute est toujours supérieure à la dose nette, car elle compense les pertes du système d'irrigation (efficience toujours inférieure à 1).

2

Oublier de convertir une dose d'irrigation exprimée en millimètres en volume par hectare : 1 mm d'eau sur 1 hectare correspond à 10 m³, une conversion indispensable pour dimensionner un apport réel.

3

Apporter tout l'engrais azoté au semis sous prétexte de simplifier le travail : cela expose l'azote au lessivage avant que la plante n'en ait réellement besoin, réduisant l'efficacité de la fertilisation.

4

Considérer que traiter systématiquement une culture avec des produits phytosanitaires, sans surveillance ni seuil d'intervention, est la meilleure stratégie : cela augmente les coûts, les résidus et les risques de résistance des ravageurs, alors qu'une lutte préventive raisonnée est souvent plus efficace.

5

Négliger l'effet de la texture du sol sur la fréquence d'irrigation : un sol sableux, à faible capacité de rétention en eau, nécessite des apports plus fréquents et de plus faible volume qu'un sol argileux, qui retient davantage l'eau mais plus longtemps.

Exemple corrigé — De la dose nette au volume à apporter

Énoncé

Sur une décade, l'ETM d'une culture de tomate sous serre est de 35 mm et les précipitations efficaces sont nulles (culture sous abri). Le système d'irrigation utilisé (goutte-à-goutte) a une efficience de 85%. Calculer la dose brute à apporter, puis le volume d'eau correspondant sur une parcelle de 2 hectares.

Correction

Dose nette = ETM − Précipitations efficaces = 35 − 0 = 35 mm.

Dose brute = Dose nette / Efficience = 35 / 0,85 ≈ 41,2 mm.

Volume par hectare = 41,2 × 10 ≈ 412 m³/ha. Sur 2 hectares : 412 × 2 ≈ 824 m³.

3 exercices pour t'entraîner

Exercice 1

Facile

L'évapotranspiration maximale (ETM) d'une culture sur une période donnée est de 45 mm, et les précipitations efficaces reçues sur la même période sont de 15 mm. Calculer la dose d'irrigation nette.

Voir la correction

Dose nette = ETM − Précipitations efficaces = 45 − 15 = 30 mm.

Exercice 2

Moyen

Pour la même culture, la dose nette calculée est de 30 mm et le système d'irrigation utilisé (goutte-à-goutte) a une efficience de 90%. Calculer la dose brute à apporter, puis le volume d'eau correspondant par hectare (1 mm sur 1 ha = 10 m³).

Voir la correction

Dose brute = Dose nette / Efficience = 30 / 0,90 ≈ 33,3 mm. Volume par hectare = 33,3 × 10 = 333 m³/ha (arrondi).

Exercice 3

Difficile

Un agriculteur compare deux systèmes d'irrigation pour une même dose nette de 40 mm : l'aspersion (efficience 75%) et le goutte-à-goutte (efficience 90%). Calculer le volume d'eau brut nécessaire par hectare pour chaque système, puis expliquer pourquoi le choix du système d'irrigation a un impact direct sur la gestion de la ressource en eau.

Voir la correction

Aspersion : dose brute = 40 / 0,75 ≈ 53,3 mm, soit un volume de 53,3 × 10 ≈ 533 m³/ha. Goutte-à-goutte : dose brute = 40 / 0,90 ≈ 44,4 mm, soit un volume de 44,4 × 10 ≈ 444 m³/ha. Pour apporter exactement la même dose nette utile à la culture, l'aspersion nécessite environ 89 m³/ha de plus que le goutte-à-goutte, uniquement pour compenser ses pertes plus importantes (évaporation, dérive du jet, non-uniformité de la répartition). Le choix du système d'irrigation a donc un impact direct sur le volume total d'eau prélevé, ce qui est particulièrement critique dans les régions à ressource en eau limitée, où le goutte-à-goutte permet d'irriguer une surface plus grande avec le même volume d'eau disponible.

3 exercices, c'est un début.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la dose d'irrigation nette et la dose brute ?

La dose nette correspond à la quantité d'eau réellement nécessaire à la culture pour couvrir son évapotranspiration maximale (ETM) une fois déduites les précipitations efficaces déjà reçues. La dose brute est la quantité d'eau qu'il faut effectivement apporter au champ pour que la culture reçoive cette dose nette, en tenant compte des pertes inévitables du système d'irrigation (percolation profonde, ruissellement, évaporation pendant l'apport) : elle s'obtient en divisant la dose nette par l'efficience du système d'irrigation, toujours inférieure à 1.

Pourquoi fractionne-t-on l'apport d'engrais azoté au cours du cycle d'une culture plutôt que de tout apporter au semis ?

L'azote est un élément très mobile dans le sol, facilement lessivé par les pluies ou l'irrigation, et les besoins de la plante varient fortement selon son stade de développement (faibles en début de cycle, maximaux lors de la croissance active). Un apport unique et massif au semis expose une grande partie de l'azote au lessivage avant que la plante n'en ait besoin, ce qui réduit son efficacité et augmente le risque de pollution des nappes. Fractionner l'apport en plusieurs passages, synchronisés avec les stades de forte demande de la culture, améliore l'efficience d'utilisation de l'engrais et limite les pertes.

Quelle est la différence entre lutte préventive et lutte curative en protection phytosanitaire ?

La lutte préventive vise à empêcher l'installation ou la propagation d'un ravageur ou d'une maladie avant qu'elle ne cause des dégâts significatifs : rotation des cultures, choix de variétés résistantes, désinfection des outils, surveillance régulière (seuils d'intervention). La lutte curative intervient après l'apparition des symptômes ou d'une infestation détectée, avec un traitement (chimique, biologique ou mécanique) visant à réduire une population déjà installée. La lutte préventive est généralement plus efficace et moins coûteuse à long terme, car elle évite que le problème ne s'installe et ne nécessite une intervention plus lourde.